Ukraine, adolescence en zone grise

février 2017

Ukraine, adolescence en zone grise

février 2017

Shastya signifie « Bonheur » en Ukrainien, un nom en forme de pied de nez pour une zone particulièrement tourmentée ; située à seulement 3km au nord de la République populaire auto-proclamée de Louhansk, cette commune était, en 2015, un lieu d’affrontement entre séparatistes pro-russes et forces ukrainiennes. Le Donets, un affluent du Don, sert aujourd’hui de démarcation entre les deux territoires ennemis. Partout, les traces d’une guerre à peine passée. A chaque coin de rues, le regard s’arrête sur les impacts de bombes et de balles marquant dans la pierre la violence des combats. Aujourd’hui, la zone de Shastya est calme et fait même figure d’exemple. 

Pour autant, c’est un véritable traumatisme pour tous ces jeunes qui ont vécu cette guerre de plein fouet à un âge où l’on se construit et se cherche un avenir. Certains d’entre eux ont décidé de s’engager au plus fort du conflit. C’est le cas de Vala, cette jeune fille de 16 ans hypersensible au caractère bien trempé, armoiries de l’Ukraine tatouées dans le cou, et, qui en avait 14 quand la guerre a éclatée. Elle décide alors de servir le bataillon Aidar, un bataillon de volontaires qui accepte les mineurs. Vala me confie vouloir entrer dans l’armée si la guerre continue : «Ici l’avenir reste incertain, je vis au jour le jour». Car c’est bien un futur fragile pour cette jeune génération qui voudrait rêver encore d’une vie un peu plus “classique” comme simplement de pouvoir quitter Shastya par exemple. Mais, pour ceux qui sont «pris aux tripes» et qui ont pour ambition de défendre leur ville et leur pays, ce simple projet s’oppose avec d’autres plus durs et plus à risque. 

J’ai mené ce sujet au long cours entre juillet 2016 et février 2017, en suivant régulièrement cette bande de jeunes, à la fois au collège mais également dans leur intimité, entre amis …etc. 

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